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Pour des investisseurs en actions, l’heure de vérité arrive lorsque les sociétés publient leurs résultats et confirment ou infirment les prévisions des analystes et des gérants.

Depuis quelques jours, les entreprises cotées du monde entier publient des chiffres correspondant au 3e trimestre 2020. Celui-ci est rarement le plus important, le suivant constituant souvent une partie plus grande du chiffre d’affaires annuel. De plus en Europe, il est rare que les entreprises publient en fin de 1er et de 3e trimestre les résultats intermédiaires et à fortiori les bénéfices nets. Ce sont donc souvent les seuls chiffres d’affaires que nous sommes amenés à étudier.

Toutefois, cette année, après un second trimestre souvent catastrophique provoqué par un confinement généralisé, il est particulièrement intéressant de regarder comment se passe la reprise.

Comme on peut s’en douter, les effets du déconfinement sont assez disparates. Dans l’ensemble, on note toutefois que les entreprises en ont bien profité. Mais les plus agiles ont à l’évidence su mieux protéger leur situation au 2e trimestre puis rebondir au 3e.

Parmi les sociétés que nous suivons particulièrement, il faut noter la réussite de L’Oréal. Certes, son chiffre d’affaires avait baissé de 18.8% entre avril et juin, mais cela avait déjà été considéré comme relativement résilient dans le contexte de l’époque. Ceci avait notamment été permis par une hausse de 65% des ventes sur internet. Le trimestre qui vient de se terminer a été bien meilleur avec une hausse de 1.6 % en organique alors que le consensus attendait encore une baisse de 2.5%. Deux secteurs sont en vedette, la cosmétique active (La Roche Posay notamment), qui progresse de 29%, mais aussi, et c’est nouveau celui des salons de coiffure, qui était depuis longtemps en ralentissement, qui monte de 11%, la plus forte hausse depuis 20 ans. Comme on peut s’y attendre, le secteur du maquillage, gêné en particulier par le port du masque, continue de régresser fortement. Les ventes sur internet représentent maintenant 23 % du chiffre d’affaires total et constituent donc une part essentiel de l’activité, en Chine, mais aussi de plus en plus aux Etats-Unis.

L’annonce du remplacement de son Directeur Général, Jean-Paul Agon, ne peut se dérouler dans de meilleures conditions pour une société qui gagne des parts de marché contre tous ses concurrents. Cela restera évidemment à confirmer en cette fin d’année comme en 2021.

Une des sociétés les plus chères de la cote française est Hermès. Nous lui faisons confiance depuis longtemps et ce troisième trimestre ne nous a pas déçus. Comme pour LVMH, les ventes ont été en hausse sur cette période, + 6.9 % en organique. Les ventes en magasin progressent de près de 12% et le début de ventes digitales, a connu une augmentation de plus de 100%.

Pour ces deux sociétés, l’Asie, et notamment la Chine, sont extraordinairement importantes.

Nous avons toujours voulu nous positionner sur le secteur de la technologie. Et un de nos choix principaux dans ce secteur est Dassault Systèmes, leader mondial des logiciels 3D. Son positionnement historiquement fort dans l’aéronautique et l’automobile n’est pas particulièrement facile dans les circonstances actuelles. Heureusement l’acquisition en 2019 de la société Medidata, dans les sciences de la vie, se révèle particulièrement approprié. Son chiffre d’affaires a légèrement baissé de 3% en organique pendant ce trimestre, mais sa filiale de santé, Medidata, progresse de 13%. Comme beaucoup de sociétés de ce secteur, Dassault Systèmes publie aussi ses résultats et ceux-ci sont très résistants avec une marge opérationnelle de 28.2 % au-dessus de ses prévisions initiales.

Si nous ne pouvons pas cacher une petite déception en comparant la technologie européenne à celle des Etats-Unis, nous restons convaincus que ce secteur possède tous les atouts pour profiter des évolutions de notre société vers les activités digitales.

Chaque trimestre, nous attendons d’éventuelles surprises, bonnes ou mauvaises. Elles peuvent facilement arriver sur une période aussi courte dans beaucoup de sociétés, même les meilleures. Ce trimestre ne fait pas exception. En Allemagne, la société SAP a énormément déçu, et cette saison n’est pas terminée. Nous continuerons notre travail d’analyse et de sélection des entreprises les plus rassurantes dans cette période très incertaine.

 

 

Jean-Philippe Mollet

Directeur

Achevé de rédiger le 28 octobre 2020

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Depuis la troisième Loi de finances rectificative pour 2020 du 31 juillet 2020, il est désormais possible d’effectuer un don de somme d’argent à ses descendants (enfants, petits-enfants,… ou éventuellement neveux et nièces en l’absence de descendance), en bénéficiant d’un abattement de 100 000 euros, venant s’ajouter aux abattements de droit commun déjà applicables. Cet abattement, codifié à l’article 790 A du Code Général des Impôts est d’application temporaire et s’applique aux dons effectués entre le 15 juillet 2020 et le 30 juin 2021.

  • L’abattement s’applique aux dons de somme d’argent en pleine propriété uniquement. Son montant global est de 100 000 euros par donateur, quel que soit son âge ; et ce, contrairement aux abattements de droit commun applicables par bénéficiaire. Par exemple, un père ne pourra donner que 50 000 euros à chacun de ses deux enfants. En revanche, un même bénéficiaire pourra recevoir plusieurs dons de plusieurs donateurs différents (100 000 euros de chacun de ses deux parents ou d’un parent et d’un grand-père par exemple), en franchise de droits de donation, grâce au bénéfice de cet abattement.
  • La somme d’argent donnée dans le cadre de ce don doit être affectée dans les trois mois du don :

-          A la souscription au capital d’une société répondant aux critères de petite entreprise au sens du droit de l’Union Européenne ; L’entreprise doit exercer son activité depuis moins de 5 ans, ne pas être issue d’une concentration et ne pas avoir encore distribué de bénéfices. En outre, le donataire devra exercer dans la société, pendant une durée d’au moins 3 ans à compter de la souscription, une fonction de direction ou son activité professionnelle principale.

-          A la réalisation de la construction (et non de l’acquisition !) de la résidence principale du donataire ou de travaux de rénovation énergétique sur la résidence principale répondant aux critères permettant de bénéficier de la prime de transition énergétique (les deux avantages ne sont en revanche pas cumulables).

Compte-tenu de son champ d’application réduit, il est évident que ce nouvel abattement est malheureusement d’application limitée. Par ailleurs, si par hasard, un donataire pouvait éventuellement bénéficier de cet avantage en raison de ses projets patrimoniaux actuels, quid de la volonté du donateur de conserver l’égalité entre ses enfants ? Une ligne de conduite à conserver dans mesure du possible, comme nous le rappelons souvent, pour préserver la paix des familles et éviter les conflits futurs… Encore un frein important à l’utilisation de cet abattement exceptionnel !

Blanche de Labarre

Ingénierie Patrimoniale

  

Achevé de rédiger le 14 septembre 2020

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Fixer en France la résidence fiscale d’un contribuable permet de définir les obligations fiscales applicables au contribuable : imposition des revenus mondiaux (IR), imposition des biens et droits immobiliers (IFI) ou encore fiscalité applicable aux successions et donations de l’ensemble des biens du défunt.

Pour la France, l’article 4 B-1 du Code général des impôts définit les critères de la résidence fiscale par trois critères alternatifs :

  • Le foyer ou le lieu de séjour principal
  • OU l’exercice d’une activité professionnelle, salariées ou non, à moins que ce ne soit qu’à titre accessoire,
  • OU le centre des intérêts économiques

Ces critères sont applicables sous réserve des stipulations des conventions internationales.

Les critères conventionnels issus du modèle OCDE sont quant à eux successifs et au nombre de quatre :

  • Le foyer d’habitation permanent
  • Le centre des intérêts économiques,
  • Le lieu de séjour habituel,
  • La nationalité

La Direction des Impôts des non-résidents a publié un communiqué pendant le confinement et indique clairement qu’un séjour temporaire au titre du confinement en France ou de restrictions de circulation décidées par le pays de résidence, n’est pas de nature à caractériser une domiciliation fiscale en France au titre de l’article 4 B du CGI. L’administration rappelle également que le foyer s’entend du lieu où le contribuable habite normalement et a le centre de ses intérêts familiaux, sans qu’il soit tenu compte des séjours effectués temporairement ailleurs en raison des nécessités de la profession ou de circonstances exceptionnelles et que le lieu de séjour principal du contribuable ne peut déterminer son domicile fiscal que dans la mesure où celui-ci ne dispose pas de foyer.

Nous pouvons en déduire qu’une personne résidant aux Etats-Unis ou en Grande Bretagne avec sa famille et se retrouvant bloqué en France du fait du confinement pour une période indéterminée conserve sa résidence fiscale au Etats Unis ou en Grande Bretagne.

La conclusion serait la même pour une personne seule sans foyer sous réserve de ne satisfaire aucun des autres critères de l’article 4 B du CGI.

Marie de Monts

Ingénierie Patrimoniale

  

Achevé de rédiger le 27 juillet 2020

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